Affrontements aériens, perturbations

  • Les perturbations:

A l'échelle du globe, les masses d'air présentent des caractérisitiques homogènes (T° et humidité). Selon leus latitude et leur origine, on distingue ainsi l'air arctique (glacial, sec, très stable), l'air polaire continental (froid, sec, stable), l'air polaire maritime (frais, humide, instable), l'air tropical continental (chaud, sec, plutôt stable), l'air tropical maritime (chaud, humide, plutôt instable) et l'air équatorial (chaud, humide, très instable).



Lorsqu'ils se recontrent, ils ne se mélangent guère mais s'affrontent. Des surfaces frontales les séparant, leurs traces au sol sont des fronts permanents et évolutifs: le front arctique entre l'air arctique et l'air polaire, le front polaire entre l'air polaire et l'air tropical, et le front intertropical enter l'air tropical des 2 hémisphères.

Ce sont ces phénomènes qui donnent naissance aux perturbations.

.La naissance de la perturbation:

Pour la zone tempérée (concernant l'Europe principalement), c'est le front polaire qui est à la base de ces conflits. Dans la partie haute de la troposphère circulent de violents courants d'ouest en est. Séparant l'air chaud de l'air froid, les jets ondulent en altitude, entre 40 et 60° de latitude, et transportent des tourbillons.

En surface ceux-ci donnent naissance à des perturbations du front polaire. C'est la cas notament, par exemple, vers Terre-Neuve où les masses d'air polaire et tropical se rencontrent entre l'anticyclone des Açores et la dépression d'Islande.

Déformé par les poussées de ces masses d'air, le front polaire ondule à son tour, un tourbillon se forme en sens inverse des aiguilles d'une montre et une dépression naît à la pointe de l'air chaud. Lorsque celui-ci tente de repousser l'air froid, lui, plus léger passe au dessus. Il incline ainsi la surface frontale qui les sépare et dont la trace au sol est le front froid.


La perturbation désigne donc -de l'avant vers l'arrière de son déplacement au sol- l'air froid antérieur, suivi du front chaud, du secteur chaud (point d'air chaud restée au niveau du sol), du front froid et de l'air froid postérieur. C'est cet ensemble, avec les système nuageux associé, que désigne la perturbation, même si dans la pratique le terme "dépression" lui est souvent substitué en langage courant.

Dans l'air froid antérieur, sur l'axe du déplacement de la perturbation, le vent s'oriente au sud-est, puis au sud en se renforçant, et le ciel de tête laisse voir des cirrus, des cirrostratus, parfois des altostratus. Le corps fait apparaître ensuite des altostratus ou des nimbostratus. La pluie tombe et le vent passe au sud-ouest en fraîchissant, puis à l'ouest au passage du front chaud, où il pleut fort. La pression chute au front où elle atteint son minimum. Dans le sectuer chaud, pression et vent restent stables. Les stratocumulus donnent de la bruine, voire du brouillard. Les stratus sont au sud, zone de liaison. Enfin au passage du front froid, le vent bascule au nord-ouest (renforcement temporaire) et la pression remonte vite. Sous le ciel de traîne, les cumulus et les cumulonimbus donnent des grains.

.La vie de la perturbation:

Au fur et à mesure de son déplacement vers l'est, avec une éventuelle composante nord ou sud en fonction des anticyclones, la perturbation se développe sur des centaines, voir des milliers de milles. Tandis que son centre dépressionnaire se creuse, le front froid progresse plus vire que le front chaud, prenant en tenaille l'air chaud qui est alors rejeté en altitude.

Lorsque le front froid ratrappe le front chaud, il y a occlusion. C'est souvent le cas lorsque la perturbation arrive sur l'Europe. Le front occlus étant lui aussi rejeté peu à peu en altitude, la perturbation meurt progressivement. Elle se comble ainsi au bout de 4 à 5 jours d'existence, une semaine au maximum.

Ce schéma est évidemment "idéal" et présente un très grand nombre de variantes. Néanmoins, certains paramètres caractéristiques peuvent être observés au passage d'une telle perturbation.

Paradoxalement, si les variations sont nettes en hiver, la température n'est pas le paramètre le plus facilement décelable, au moins pour les maxima, celui du secteur chaud (couvert) étant souvent inférieur à celui de l'air froid (dégagé).